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Document transmit par Babacar de la mairie d’MBOUR

Le village de Nianing se trouve à 10 km de Mbour sur la route Mbour-Joal. Il est distant de 93 km de Dakar et de 21 km de Joal. Le village est situé au cœur de la Communauté rurale de Malicounda dans la Région de Thiès. Il compte plus de 10 000 habitants composés en majeure partie de Seereer, Wolof, Peul et Bambara. Les activités économiques tournent autour de la pêche, la transformation de produits halieutiques, l’agriculture, l’élevage, l’artisanat, le petit commerce, l’exploitation du coquillage et le tourisme. La majorité de la population pratique les métiers d’agriculteur, éleveur et pêcheur.

Histoire Le nom « Nianing » (Ñaaning) viendrait du plat préféré des Seereer, le « Ñaleng », sorte de semoule de mil, mélangée à la poudre d’arachide, aux condiments. La légende dit qu’un colonisateur, visitant le village en 1902, trouva une femme faisant la cuisine. Il interrogea cette dernière sur le nom du village. La femme prononça « Ñaleng », pensant que la question était orientée vers le met en préparation. L’européen nota « Nianing » et ce mot, mal écrit et mal prononcé, resta comme nom du village.

 

 

Ce village était un petit hameau de la province du Sine. Il n’y avait rien que des forêts peuplées d’hyènes, de chacals, etc. Les populations s’adonnaient à l’agriculture du mil et de l’arachide. La chasse était aussi pratiquée. Les pêcheurs sont venus beaucoup plus tard en provenance de Kayar, Yeen, Bargny. Ils y résidaient quelques jours durant leur campagne de pêche.
Apres le départ des Portugais, les Français sont venus s’installer dans le village avec des compagnies de commerce comme Maurel et Prom, Nosoco, SCOA. La maison du Commandant de Cercle y était édifiée, à la place Résidence, actuelle Centre d’adaptation sociale.


Site de traitement halieutique

Les premiers habitants de Nianing se sont signalés vers 1750, avec l’aménagement d’un port d’embarquement. De 1772 à 1885, des produits divers y transitaient : arachide, mil, coton, karité venant du Soudan (Mali). Ce port enregistrait la plus grande activité économique de la Petite Côte, du Sine au Djeggëm, de Mbadanie au Sine Saloum, tous les grands exploitants d’arachide venaient y peser et vendre leurs produits aux colons.

Le port de pèche

En 1924, il y eut l’épidémie de la « maladie du sommeil » qui fit beaucoup de morts. Le village fut vidé. « Danu gaafaloon dëkk bi » le village était réputé « tabou » (maléfique). Les résidants s’en allèrent se réfugier dans d’autres sites comme Mbour, Banjul (Gambie). Mbour était constitué, à cette époque, de quelques campements pour les colons atour desquels gravitaient quelques villages qui se développeront et se transformeront par la suite en quartier : Mbour-Seereer, Thiocé, etc.
En quelques mois, tous les habitants de Nianing partirent laissant derrière eux récoltes, greniers, bétails, maisons. Le chiffre de 700 victimes fut avancé. Les dockers du port quittèrent eux aussi leur travail. Le chef de village d’alors Koor Djokel Faye fut accusé d’avoir versé une potion dans le seul puits du village, creusé par les colons, pour semer la maladie. Koor Djokel avait la réputation d’être un grand mystique, ayant des connaissances ésotériques et détenant un pouvoir surnaturel sur les choses et les êtres.
L’origine d’une grève de dockers a été attribuée à Koor Djokel Faye. Ce dernier les recevait souvent sous son toit et plaidait fréquemment leur cause. Il prenait de même parti pour les cultivateurs en réclamant le relèvement du prix d’achat de l’arachide aux producteurs. Selon certaines sources, le pouvoir colonial profita de l’épidémie de la maladie du sommeil, pour mettre fin aux agissements de Koor Djokel, nuisibles à leurs intérêts.
Les autorités coloniales voulurent mettre aux arrêts le chef de village, l’accusant d’avoir répandu la maladie. Ce dernier s’enfuit vers le village de Fimela puis après cinq long mois, alla se réfugier en Gambie, territoire contrôlé par les Anglais. Les rescapés de Nianing participeront par la suite à la fondation des villages de Saly, Joal, Mbour, Pointe Sarène..

Le Chef Koor Djokel Faye revint en 1948, après avoir négocié avec le commandant de l’époque, Monsieur Laman qui résidait à Mbour. Il fut accompagné par le chef de canton Socé Fall pour aller voir le commandant à Mbour. Koor Djokel promit d’assurer la paix dans le village tant qu’il sera en vie. Il s’installa de nouveau avec sa femme Yaye Ndoumbé Fall, creusa un deuxième puits à environ 500 mètres du premier.
En 1954, le village commença à se développer et les populations commencèrent à revenir s’y installer. Un nommé Malick Sarr, venant du village de Suusaan, vint s’établir à Nianing avec sa famille. Les quelques ouvriers du chantier naval venaient dans la maison du chef de village pour s’y restaurer. Le village abandonné était redevenu, dans l’espace de 7 à 8 ans, une véritable jungle parce que non habité et non exploité. Une partie de la forêt fut déboisée pour accueillir les familles revenues repeupler le village.
A la mort de Koor Djokel, le 13 Février 1955, le nommé Malick Sène dit Siseer, père de l’actuel chef de village (Ibrahima Sène) prit la relève et assura avec succès la fonction de chef.

La plage de Nianing

Dans le village, il y avait un grand chantier naval appartenant au nommé Langlois, un ancien marin européen, qui s’était fait octroyer une partie de la forêt pour y tailler des pirogues. Ce chantier a été installé bien avant l’épidémie de la maladie du sommeil. A la disparition de Langlois par accident de la route, les ouvriers du chantier naval reçurent leurs « droits » et le chantier fut arrêté. La famille Langlois détenait un titre foncier.
En 1960, quand le Président de la République de Guinée, Ahmed Cheikhou Touré expulsa les prêtres européens, ces derniers atterrirent tous à Dakar. Le Président du Sénégal de l’époque, Léopold Sédar Senghor voulait les installer à Nianing considérant le taux élevé de chrétiens dans la population locale. Senghor avait demandé qu’on leur prête ou leur vende un terrain à Nianing pour qu’ils s’installent, étant donné qu’ils sont des enseignants, des intellectuels et qu’ils pourraient apporter beaucoup de choses au village. Les terres du chantier navale leurs furent prêtées puis vendues quelques années plus tard.
Les prêtres voulurent d’autres terres à Dakar, ils échangèrent la partie de terre à Nianing jouxtant la plage contre un terrain à Dakar. Cette partie fut utilisée par les missionnaires catholiques comme centre pour former des « frères » (JUVENAT) .

 

 


Les Enfants De Maman Loulou est une association au Sénégal à KAOLACK et à Nianing à 90 km de Dakar, désireuse d'être soutenue pour permettre l' amélioration de la vie quotidienne et de travail des familles sénégalaises en zones " oubliées ". L'association est en partenariat avec d'autres structures associatives Franco - Sénégalaises afin de développer l'agriculture et les écoles sénégalaises . Elle est habilitée à délivrer des reçus fiscaux.